Bourses, repas à 1€, fin du PASS/L.AS - Rentrée étudiante 2026 : les annonces du ministre de l'Enseignement supérieur

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Conférence de presse rentrée universitaire 2026

Ce mercredi 23 septembre, Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace, a présenté ses orientations pour l'année universitaire 2026-2027. Il défend notamment la réforme des études de santé, prévoit 143 millions d'euros supplémentaires pour le repas à 1 € et plaide pour un réinvestissement durable dans la recherche.

Par Maëlle Raschi

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Qu'est-ce que la réforme PASS/LAS annoncée pour la rentrée 2027 ?

Philippe Baptiste l'a répété : la réforme de l'accès aux études de santé est prête et doit entrer en vigueur à la rentrée 2027. Une enveloppe de 5 millions d'euros est, par ailleurs, débloquée dès cette année pour aider les universités à s'y préparer.

Elle n'est toutefois pas encore définitivement actée. La proposition de loi doit encore être examinée par l'Assemblée nationale, et la conférence des doyens de médecine demande toujours un report d'au moins 1 an.

Si la réforme aboutit, le PASS (parcours d'accès spécifique santé) et la L.AS (licence accès santé) disparaîtraient. Ils seraient remplacés par une 1re année unique. Concrètement, un étudiant qui n'obtiendrait pas de place en filière de santé à l'issue de cette 1re année pourrait poursuivre en 2e année de la licence correspondant à son bloc disciplinaire. S'il réussit sa L2, il disposerait alors d'une seconde et dernière chance pour candidater de nouveau aux filières de santé. Environ 20 % des places seraient réservées à ces candidats. En cas de nouvel échec, il pourrait poursuivre en 3e année et obtenir sa licence.

« C'est un modèle qui est simple, qui permet de ne pas faire échouer de bons étudiants et leur donner la capacité de continuer leurs études », explique le ministre.

Repas à 1 € : 143 millions d'euros de plus prévus en 2027

Depuis mai 2026, tous les étudiants, boursiers ou non, peuvent manger pour 1 € dans les restaurants universitaires des Crous. La mesure a entraîné un afflux important, et 143 millions d'euros supplémentaires seraient nécessaires pour la financer.

Cette enveloppe aurait 3 usages. Elle compenserait d'abord le manque à gagner des Crous, puisque les étudiants non boursiers payaient auparavant leur repas au tarif social. Elle couvrirait ensuite les salaires d'environ 200 personnes déjà recrutées. Elle financerait enfin des investissements décidés restaurant par restaurant : nouvelles machines, stocks plus importants ou agrandissement de salles.

Le maintien du dispositif dépend cependant du Parlement. Sans budget voté d'ici à la fin de l'année, les crédits de 2026 seraient simplement reconduits. Les 143 millions d'euros supplémentaires ne seraient alors pas disponibles, et le repas à 1 € ne pourrait pas être maintenu pour tous les étudiants.

Les aides déjà en place pour les étudiants

Philippe Baptiste a aussi fait le point sur les mesures déjà engagées en faveur des étudiants. Comme il s'y était engagé, les frais d'inscription restent stables cette année.

Le système de bourses touche désormais un public très large. Selon le ministère, plus de 660 000 étudiants sont boursiers, soit plus d'un tiers des inscrits dans les formations éligibles. Au total, les aides aux étudiants représentent 2,5 milliards d'euros.

Les démarches ont également été simplifiées. Grâce au nouveau portail du dossier social étudiant (DSE), une seule demande suffit désormais pour obtenir une bourse et un logement en résidence Crous. Plus d'un million de dossiers ont été déposés, ce qui a permis de verser les bourses plus tôt que les années précédentes. En parallèle, 8 universités expérimentent le dispositif « Campus zéro non-recours ». Son objectif : aller au-devant des étudiants pour les informer des aides auxquelles ils ont droit.

Côté santé mentale, le numéro national unique 3040 oriente les étudiants vers les dispositifs d'aide existants. Le dispositif Santé psy étudiant permet, lui, de consulter un psychologue jusqu'à 12 séances, sans frais.

Vers un contrôle des formations privées sur Parcoursup

Le bilan de la campagne Parcoursup 2026 sera présenté en octobre. Une petite fraction des candidats reste encore sans affectation, avec des tensions particulières en Île-de-France.

Le locataire de la rue Descartes a aussi insisté sur le projet de loi de régulation de l'enseignement supérieur privé. Adopté par le Sénat en juin, ce texte doit encore être examiné par l'Assemblée nationale. S'il est voté, toutes les formations proposées sur Parcoursup devront avoir fait l'objet d'un contrôle de qualité. Selon lui, des dérives persistent dans une partie du secteur privé, et l'État ne dispose pas aujourd'hui des outils pour les encadrer.

Recherche : un décrochage que le ministre veut enrayer

C'est le sujet sur lequel Philippe Baptiste s'est le plus longuement arrêté. Dans un contexte budgétaire qu'il décrit comme très contraint, le budget 2027 prévoit près de 500 millions d'euros de plus qu'en 2026 pour son ministère. La hausse est répartie à peu près pour moitié entre l'enseignement supérieur et la recherche.

Le ministre part d'un constat. Depuis plus de 15 ans, la dépense de recherche et développement de la France plafonne à 2,2 % du PIB, loin de l'objectif de 3 % fixé au début des années 2000. Le retard vient surtout des entreprises françaises, qui investissent moins que leurs concurrentes. En 20 ans, la part de la France dans la production scientifique mondiale est passée de 4,3 % à 2,7 %, et le pays a reculé du 5e au 10e rang. Pour expliquer ce recul, il avance 2 pistes : la difficulté à concentrer les moyens, et le temps que les enseignants-chercheurs consacrent à l'accueil d'étudiants plus nombreux et aux profils plus variés.

Il veut à la fois soutenir la recherche programmée, via les agences de programme, et la recherche libre, pilotée par les chercheurs eux-mêmes. Il insiste aussi sur l'attractivité des carrières scientifiques et sur l'accueil des doctorants et chercheurs étrangers, qu'il juge indispensable face aux discours de fermeture.

Apprendre à se servir de l'Intelligence Artificielle plutôt que de l'interdire

Sur l'IA, le ministre reconnaît ne pas avoir de réponse toute faite. Il juge cependant illusoire de demander aux étudiants de s'en passer. Les établissements doivent donc les aider à s'approprier ces outils et à comprendre leur fonctionnement, avec des approches adaptées à chaque discipline. « On peut pas se passer d'avoir un moment où on explique aux uns et aux autres comment fonctionnent ces outils », insiste-t-il.

Il défend 3 piliers pour la formation. D'abord, maîtriser les savoirs fondamentaux de chaque discipline sans l'IA. Puis, savoir utiliser ces outils et en comprendre les limites. Enfin, se préparer à des ruptures professionnelles rapides. Une concertation avec les universités et les écoles doit s'ouvrir dans les prochains mois. Pour la recherche, il voit dans l'IA un accélérateur déjà bien réel, notamment en biologie et en santé.

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